Un financement juste de Bruxelles
Il sera difficile de rencontrer les difficultés auxquelles se heurtent les Bruxellois tant que ne sera pas réparée l’injustice que représente son sous-financement structurel. Des experts avancent le chiffre de 500 millions d’euros par an !
Pour comprendre la cause principale de cette injustice, il faut rappeler que la frontière régionale de Bruxelles a été établie sur le tracé de la frontière linguistique, et non sur la base d’une volonté de cohérence régionale (lire : Frontières de Bruxelles : la double justice). Le centre de l’agglomération, soit les dix-neuf communes à statut bilingue, fut ainsi artificiellement coupé de sa périphérie et de son hinterland brabançon. Cette décision a entraîné des conséquences financières particulièrement négatives pour les Bruxellois, dont les effets s’accumulent d’année en année.
C’est en effet dans le centre que se concentrent les infrastructures les plus denses, donc coûteuses à entretenir, et que vivent les populations les moins riches. Inversement, les travailleurs plus aisés vont souvent habiter en périphérie : le revenu moyen par habitant y est de 30% supérieur à celui de la RBC. D’une manière plus générale, le Brabant flamand et le Brabant wallon, rattachés à présent à la Flandre et à la Wallonie respectivement, sont les deux provinces les plus riches du Royaume, en terme de fiscalité privée par habitant. Ce sont ainsi des montants considérables qui échappent à la fiscalité bruxelloise, alors que la Région doit financer une infrastructure et des services qui bénéficient largement à sa périphérie, et que la contribution au PIB du pays y est la plus élevée. D’autres facteurs plus techniques interviennent également dans le sous-financement de Bruxelles – cliquez ici pour en savoir plus.
La question du financement de Bruxelles ne peut être réglée que dans le cadre de négociations institutionnelles. Tant que les Bruxellois n’y seront pas représentés en tant que tels (et pas, comme maintenant, par le biais des partis communautaires dans lesquels ils sont minorisés), il y a peu d’espoir que des améliorations significatives soient obtenues. Pour preuve, ce sont les clivages linguistiques qui ont conduit à la situation actuelle.
En votant Pro Bruxsel, ou AM22, nous ferons un premier pas dans la bonne direction : soutenir l’émergence de forces politiques bruxelloises capables de faire entendre leur voix et demander justice dans les grandes négociations institutionnelles à venir. C’est l’objectif de cette campagne.
