Pour une Région responsable de sa jeunesse

Ne soyons pas naïfs :  tant que le pouvoir politique restera basé sur les Communautés, tant que les décisions dans ces matières relèveront de deux parlements communautaires extérieurs à notre contrôle démocratique, aucune politique cohérente et efficace en faveur de notre jeunesse ne pourra être mise en œuvre. Et il y a urgence… 

Les récents Etats Généraux de Bruxelles ont bien mis en avant combien la jeunesse est pour la région un atout sous-valorisé :  

« Bruxelles est la ville et la Région la plus jeune du pays. Un tiers de la population a moins de 25 ans et, dans certains quartiers du centre ville, les jeunes forment la majorité de la population. Ces jeunesses sont multiformes et très diverses. Les prévisions démographiques prédisent une accentuation de cette réalité: il y aura de plus en plus de jeunes et de plus en plus de jeunes d’origine étrangère. Ces jeunes constituent un immense atout pour Bruxelles et pour les deux Régions voisines qui grisonnent. Ils sont notre futur. Ils devront bientôt reprendre la ville en main. Nous devons avoir nettement plus d’attention pour les jeunes, les écouter, les respecter dans la singularité de leur histoire, leur donner de vraies chances de pouvoir participer à la production de la ville. Nous sommes loin du compte. La majorité de ces jeunes vivent dans un milieu pauvre et dans des quartiers défavorisés. Un tiers des enfants de la ville vit dans des familles sans revenu du travail. L’origine sociale des jeunes est très sélective dans un enseignement en crise où trop d’enfants sont réorientés vers des impasses et trop de jeunes sortent du système sans diplôme. Le chômage des jeunes atteint des proportions inacceptables. Nous prenons le risque de voir une partie importante de la population de demain totalement coupée des enjeux du développement urbain et donc, le risque d’une impossible pacification et cohésion sociale. Aucun projet de ville, aucune bonne gouvernance ne pourra se passer d’une politique et d’un plan global de jeunesse. Bien qu’il s’agisse surtout de compétences communautaires, tout projet régional de développement a impérativement besoin de prendre en main la recherche de formes originales de socialisation et d’intégration des jeunes Bruxellois. C’est un déficit majeur qui doit être comblé en priorité. Il nécessite une vision transcommunautaire. Il exige une orientation commune, des moyens importants et un réel engagement. Ne rien faire n’est pas une option ».

Nous adhérons à cette prise de conscience.

Mais, ne soyons pas naïfs :  tant que le pouvoir politique reste basé sur les Communautés, tant que les décisions dans ces matières relèvent de deux parlements communautaires extérieurs à notre contrôle démocratique, la vision transcommunautaire sera toujours défavorisée. Et pourtant, il y a urgence. 

En votant Pro Bruxsel, ou AM22, nous ferons un premier pas dans la bonne direction : exprimer notre volonté de rendre au parlement et au gouvernement bruxellois la responsabilité de la jeunesse de la Région. C’est un des objectifs de cette campagne.